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Jimmy

Satiété : les bactéries intestinales peuvent réguler notre appétit

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Vingt minutes après le repas, la flore intestinale produit une molécule régulatrice de l'appétit. C'est la première fois que l'influence d'une protéine bactérienne est mise en évidence.

Satiété : les bactéries intestinales peuvent réguler notre appétit
 

Après un bon repas, un sentiment de plénitude nous envahit. Rassasiés, nous n’avons plus l’envie ni la force d’avaler une dernière bouchée. Mais d’où vient ce sentiment de satiété ? De notre cerveau ou de notre ventre ? En réalité, des deux. Par l’intermédiaire d’une protéine sécrétée par certaines bactéries intestinales. Cette découverte réalisée par des chercheurs de l’Inserm est publiée ce mardi dans la prestigieuse revue Cell Metabolism.

Pour signaler la sensation de satiété, l’organisme fait appel à différentes hormones comme la leptine ou la mélanotropine qui transmettent le message de l’intestin au cerveau. C’est la première fois que l’influence de protéines bactériennes est observée.

« Au sein de notre laboratoire, nous nous intéressons aux troubles du comportement alimentaire et au microbiote. De nombreux travaux ont montré l’impact de celui-ci sur l’obésité, l’anorexie ou la boulimie, explique à Pourquoidocteur Jonathan Breton de l’unité Inserm "Nutrition, inflammation et dysfonction de l’axe intestin-cerveau" à l’université de Rouen. Ces études rapportent surtout des liens entre ces pathologies et le nombre de bactéries intestinales. Nous avons donc voulu savoir si elles pouvaient impacter le comportement alimentaire quel que soit leur nombre. »


Restreint la prise alimentaire

Les chercheurs se sont alors intéressés à une souche bactérienne que tous les humains ont naturellement dans leurs intestins : Escherichia Coli ou E.Coli. « On sait déjà qu’elle est présente en faible quantité chez les personnes obèses tandis que chez les patients anorexiques la population est plus importante. Ainsi, en fonction de l’indice de masse corporelle (IMC), on observe soit une sur-représentation soit une sous-représentation de cette bactérie commensale », indique le chercheur.

Chez le rat et la souris, les chercheurs ont constaté que 20 minutes après un repas, les bactéries E.Coli synthétisent des protéines appelées ClpB. L’intervalle de 20 minutes semble correspondre au temps nécessaire à une personne pour atteindre la satiété. Cette molécule est par ailleurs capable de traverser la paroi intestinale, et donc de rejoindre la circulation sanguine. « Elles peuvent donc agir sur la prise alimentaire de la même manière que les hormones satiétogènes déjà bien connues », ajoute Jonathan Breton.

 

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